Chapitre 2.



« Le fait est que mentir est une nécessité. On se ment à nous même parce que la vérité fait très mal. »


Trente septembre.


Les rayons du soleil filtrent à travers les stores et viennent heurter les yeux encore fermés de la jeune fille. Des bruits lui parviennent, mais le mal de tête est à ce point imminent qu'elle ne les perçoit que sourdement. Péniblement, elle ouvre un œil, puis l'autre pour rencontrer le regard de l'homme qui a partagé ses draps cette nuit. Elle ne s’étonne pas de le voir déjà habillé et prêt à partir. Il ne sera question ni d'excuses lamentables ou de pseudos déclarations, et encore moins de faux espoirs. Il n'y aura pas de rupture puisqu’aucune relation n’est née la nuit précédente.


Elle quitte son lit, encore moite de leurs frasques nocturnes, et ramasse ses sous-vêtements. Il ne la regarde déjà plus qu'avec un désir consumé et consommé, mais elle ne s'en soucie pas. Elle n'attend rien de lui, si ce n'est qu'il parte pour la laisser poursuivre sa nuit. L'alcool coule encore dans ses veines, et la quantité de drogue qu'ils ont prise hier soir ravage encore son corps et sa tête. Le sang cogne fermement contre ses tempes et elle pourrait jurer entendre son cœur marteler contre son crâne. La lumière qui baigne le hall l'aveugle instantanément et lui rappelle l’heure déjà avancée de la matinée. Ils n’échangent que peu de mots pendant qu’ils se dirigent vers le rez-de-chaussée, quelques banalités avant de reprendre le cours de leurs vies.


Alors qu'elle referme la porte sur son nouveau coup d'un soir, elle croise le regard de sa mère qui l’observe depuis la cuisine, un café posé devant elle. Elle examine sa fille depuis plusieurs minutes d'un air qui ne laisse rien transparaitre. Elles ne se sont plus vues depuis 10 jours, et pourtant Sarah préfèrerait regagner sa chambre et ainsi éviter une énième discussion vide de sens avec elle. La faim qui lui tiraille le ventre prend finalement le dessus. Sans un mot, elle remplit son assiette d’oeufs brouillés et de quelques fruits que leur employée de maison a préparé plus tôt dans la matinée. Elle s’assied au comptoir et mange en silence, tout en fixant le marbre blanc. Elle sent le regard de sa mère et sait qu’elle ne pourra pas éviter la discussion plus longtemps.


Plusieurs pensées traversent l’esprit de cette femme de bientôt 47 ans alors qu’elle observe sa fille unique. Ses cheveux ont poussé, lui semble-t-il. Ou alors les a-t-elle recoupés ? Elle jurerait  aussi qu'elle a maigri, ses joues lui paraissent plus creusées. Ses contacts avec Sarah sont si rares et fugaces qu'elle en oublie les détails. Ou ce qu'elle pense être des détails. Elle finit par rompre le silence.

- Tu as bien dormi ?
- Ouais.
- Tu es sortie hier soir que tu te lèves si tard ?
- Oui, avec Mia et d’autres.

Le silence reprend ses droits. A quoi bon vouloir combler l’immense distance qui s’est installée entre elles? Cela prendrait des semaines, voire des mois, et cette femme d'affaire a choisi il y a bien longtemps de reléguer sa famille au second plan. Le temps c'est de l’argent, chaque seconde compte à ses yeux, et le temps qu'elle perdrait à s'intéresser à sa fille est trop précieux pour qu'il ne soit gaspillé. Alors, à défaut de combler ce gouffre par des mots, elle soulage sa conscience par un autre intermédiaire.

- Je t'ai ramené un petit cadeau, il y avait une boutique Chanel près de mon hôtel j'en ai profité.


Elle lui tend un sac à l’entête de la célèbre marque. Elle daigne enfin lever les yeux et rencontre le regard de sa mère. Elle saisit le paquet et le déballe sans grande conviction. Un « Boy » en cuir  matelassé noir, taille médium. Un modèle iconique qui ne laisse la place à aucune faute de goût, elle doit l’avouer. Il vient compléter sa collection déjà bien remplie de sacs de créateurs, dont la majorité lui a été offerte lors d’un échange identique à celui-ci.



- Merci.
- Il te plaît ?
- Oui, il est très beau.

Elles échangent un faible sourire, souvenir d'une complicité qu’elles ne partagent plus aujourd’hui. 


Elle regagne sa chambre sans un mot de plus et en redescend une trentaine de minutes plus tard vêtue d’un simple jeans taille haute et d’un pull en laine blanc oversize qui laisse entrevoir la bretelle d’un haut en dentelle bordeaux. Elle enfile une paire des baskets restée au pied des escaliers et jette un dernier coup d’oeil à son reflet dans le miroir. Elle maitrise son style et l’image qu’elle souhaite renvoyer à la perfection. Elle est sur le point de franchir le pas de la porte quand sa mère l’appelle. Elle soupire bruyamment, exaspérée et déjà en retard.

- Dis-moi Sarah, qui est ce jeune homme que je t’ai vue raccompagner?
- Si mes souvenirs sont exacts, il s'appelle Raphaël.
- Et depuis quand le connais-tu?
- Hier soir.


Son ton est désinvolte, pour ne pas changer.


- J’espère que c’est un homme bien, car -
- Depuis quand est-ce que ça t'intéresse ?
- Dès l’instant où tu choisis de ramener des gens chez nous, ça me regarde.
- Ce ne sont pas tes affaires, pourtant.
- Je ne tiens pas à ce que ma fille unique de 20 ans couche avec n'importe qui. En plus de prendre des risques, je te rappelle que tout ce que tu fais est susceptible de se répercuter sur ton père et moi.
- Attends, tu t’inquiètes pour moi? Ou pour la réputation de notre merveilleuse famille?

Elle éclate de rire avant de poursuivre, hilare.

- Pour ton information, j'ai perdu ma virginité à 16 ans dans les toilettes d'une boîte de nuit. Raphaël n’est pas le premier que j’ai amené ici, et ça ne sera certainement pas le dernier. Tu arrives 4 ans en retard pour te tracasser de l’éventuelle mauvaise image que je pourrais vous donner. Au pire, les gens penseront que je cherche un peu de compagnie, à défaut de celle de mes parents qui sont absents la plupart du temps. Donc, tes discours de mère tu te les gardes.Tu as choisi de faire partie de ma vie une cinquantaine de jours par an, alors assume et n'essaie pas de t'intéresser à moi à moitié. Encore merci pour le sac, maman.

Elle claque la porte sans même attendre de réponse, bien trop excédée et, même si elle ne se l’avouera pas, attristée par son comportement. 


Elle hèle un taxi, s’engouffre à l’intérieur et indique au chauffeur sa destination. Il la dépose à l’angle d’une rue une dizaine de minutes plus tard, non loin de l'endroit où Tom l'attend. Elle l’aperçoit rapidement et marche dans sa direction essayant, sur les quelques mètres qui les séparent, de cacher toute trace de tristesse dans son regard et de masquer cette légère colère qui pourrait se ressentir dans sa voix.


Un large sourire s'étire sur ses lèvres, heureux de retrouver sa meilleure amie et avide de connaître les détails de sa nuit. Les quelques secondes durant lesquelles son regard se perd à l’observer lui suffisent à repérer la nouvelle pièce iconique qui pend en bandoulière contre son buste. 


Elle se jette à son cou et lui embrasse tendrement la joue, l'attirant déjà vers le parc qui se trouve à quelques mètres d’eux. Ils prennent place sur un banc à l’écart pour être au calme, à l’abri des promeneurs et joggers du samedi. Un long soupire qui trahit toute sa fatigue et sa lassitude s'échappe d’entre les lèvres de la brune.

- La nuit fut longue ?
- La nuit fut bonne surtout.

Elle lui adresse un clin d'œil auquel il répond par un sourire entendu.

- Et la tienne Tom ?
- Identique aux précédentes. Je dois dire que cette petite blonde ne m'a pas déçue. Au fait, ta mère est rentrée ?

Elle se renfrogne immédiatement à l'entente de cette question.

- Ce matin.
- Et ?
- Elle m'a fait l'honneur de me ramener un sac Chanel.

Son ton se veut sarcastique, cassant.

- Pour ne pas changer. Tu sais que c'est sa manière à elle de s'occuper de toi.
- Ecrase Tom, je n'ai pas envie d'en parler.

Il sait que cela l'affecte bien plus qu'elle ne le prétend. Bien que ses parents à lui soient aussi souvent absents, il s'en accommode tellement mieux que Sarah. Alors que lui voit plus cela comme une opportunité de liberté, elle le vit comme un abandon déguisé. Même si, bien sûr, elle refuse de l'avouer.

- Arrête juste de croire qu'elle ne te connaît pas, sinon tu ne porterais pas le sac qu'elle t'a offert il y a de ça une heure.
- Elle m’a sorti le discours de la mère concernée par la réputation de sa fille

Pourquoi lui dit-elle tout cela ? Elle s’en moque après tout, non ?

- Ce n'est pas marqué sur ton front que la moitié de Paris t'es passé dessus ma belle.
- Très drôle Tom, hilarant même ! T'en as d'autres comme celles-là ?
- Oh c'est bon ! Si on ne peut même plus plaisanter.

Il l'attire contre lui et passe doucement sa main dans ses cheveux bruns. Ce geste l'apaise instantanément, elle reste dans cette position plusieurs secondes avant de se dégager et de sortir un paquet de Marlboro de son sac. Elle tire longuement sur sa cigarette puis recrache le reste de fumée dans les airs. Il l'observe, amusé.

Plusieurs minutes s'écoulent sans qu'aucun d'eux ne parle, appréciant la présence de l'autre sans éprouver le besoin de recourir aux mots. Profitant de cette opportunité d'être eux-mêmes sans artifices ni superficialité. Sans alcool ou autre substance. Juste eux, Tom et Sarah, sur un banc dans ce parc parisien aux couleurs orangées de fin septembre. Les minutes filent sans que cela ait d'importance, le temps court sans que cela ne compte. Ces moments sont si rares qu’ils ont appris à profiter de chaque seconde.

Sarah est photographe. Sa passion est d'immortaliser chaque instant à l'aide de son précieux Réflex dont elle ne se sépare jamais bien longtemps. Alors, pour ne pas couper à la tradition, elle s'empare dudit appareil et se lève lentement, entrainant Tom avec elle.

- Oh Sarah j'ai une sale gueule de bois là, vas photographier les écureuils.
- Une sale gueule tout court je dirais même.
- Ca ne sera jamais pire que la tienne ma belle.
- Arrête de m'appeler comme ça, je ne suis pas une biche sur ton tableau de chasse.
- Mais tu en rêves !
- Dans tes rêves !
- Ben non, dans les tiens.

Ils éclatent de rire, en chœur. Elle en profite pour photographier chaque fragment de son sourire avant de concentrer l'objectif sur la cigarette qu'il porte à ses lèvres, lui aussi.

- J'en fumerais bien un.
- T'étais pas assez défoncée hier ?
- Il faut combattre le mal par le mal non ?

Un clin d'œil plus tard ils sont assis au pied d'un gros bouleau, à tirer longuement sur le joint qu'ils se partagent. Elle agit déjà pleinement sur eux, déliant leur langue au fur et à mesure que le papier se consume.

- Elle était vierge ?!
- Presque vierge je te dis.
- Attends c'est possible de l'être encore au quart ou à moitié ?

Elle fronce les sourcils, réellement perplexe.

- J'en sais rien, je suis un mec moi.
- Ouais en gros elle s'était jamais faite sauter, mais elle n'était pas toute chaste non plus. Et quoi, ça t'excite le dépucelage ?

Il aspire davantage la substance vers le fond de sa gorge et savoure l'effet que cela lui procure.

- C'est pas mal. Un peu plus coincée, mais là est le jeu. Et celle-là sur la fin avait troqué son air de vierge effarouchée contre des allures d'allumeuse. J'aime la variété.
- Vu comme ça j'avoue que ça a son côté attrayant.
- Et le tien ?
- Hm ?
- Raconte, t'en meurs d'envie.
- Raphaël. Trente-trois ans. Bon coup, très bon coup. L'expérience s'acquiert avec la maturité tu sais bien.


Elle lui lance un petit sourire entendu, tout en photographiant les volutes de fumées qui s'échappent d'entre ses lèvres.

- Ce n’est pas faux. Ça me rappelle cette femme de trente-cinq ans, celle Saint-Tropez.
- C'est pour ça que jamais je ne pourrais coucher avec toi, t'as pas assez d'expérience mon Tom.
- Tout est dans le savoir-faire, peu importe l'âge. On voit bien là que tu ne sais pas de quoi tu parles.

Il prend un air faussement offusqué, conscient qu'elle s'amuse avec sa fierté.

- Arrête tu vas finir par me donner envie.

Elle lève les yeux aux ciels avant de se relever, légèrement chancelante.

- Tu viens toujours au brunch de demain ?
- Il paraît.

Il se lève et passe son bras autour des épaules de Sarah, l’air frais de cette fin d’après-midi leur rappelle que l'été est derrière eux. Et alors qu'ils s'apprêtent à quitter ce parc dans lequel ils ont déjà passé d'innombrables heures, le regard de Sarah s'illumine. Elle éclate de rire et s'élance vers un carrousel situé à une centaine de mètres du sentier principal. Il la suit et rit de bon coeur, attendri et amusé à la vue de la brune qui tente de monter sur un cheval de bois. Son rire résonne tout autour d'eux et le sourire qui se dessine sur son visage de poupée témoigne de la simplicité du moment.

- Allez Tom, viens avec moi !
- Descends de là tu vas te faire mal.
- Oh, serais-tu en train de t'inquiéter pour moi ?

Elle le nargue du regard, car elle sait à quel point il déteste qu'on lui rappelle qu'il tient à elle plus que de raison. Mais cela lui fait plaisir à Sarah, au fond. Ça lui réchauffe le cœur et lui tord le ventre quand elle se laisse y penser quelques secondes.

- Allez Sarah, descends.
- Je fais comme les grandes dames, regarde !

Elle rit toujours plus et se met en amazone, répétant ce qu'elle a certainement vu dans de nombreux films. La machine se met à tourner lentement, elle s'accroche à la barre métallique et lui adresse un clin d'œil avant de se laisser emporter doucement par le manège. Les enfants l'observent du coin de l’œil, intimidés, tandis que les plus âgés arborent un air interloqué. Elle rit aux éclats, oubliant l'heure qu'il est, l'endroit où elle se trouve et tout le reste. Elle finit par descendre au bout de quelques minutes et rejoint Tom, assis sur un banc à l’attendre. Les lubies de sa meilleure amie ne l’étonnent plus, après toutes ces années.


Ils quittent finalement le parc, bras dessus bras dessous, et apprécient le silence apaisant qui règne entre eux. Ils déambulent encore plusieurs minutes dans les rues de Paris. De nombreux passants se retournent sur eux, ou plutôt sur elle, car Sarah a sur le monde l'effet d'un véritable aimant. Certains désirent ses formes, d'autres jalousent ses vêtements haute couture. Les yeux des petites filles brillent, tant elles rêveraient de lui ressembler plus tard. Les femmes plus mûres la dévisagent, tant l'effet que cette jeune fille a sur leur mari les blesse. Tout cela elle le devine, car s'ils se retournent tous et toutes sur son passage, elle ne leur adresse pas un regard. Un sourire satisfait se dessine sur ses lèvres, consciente de l'effet provoqué. 


Ils disparaissent à l’angle du bâtiment suivant. La vie reprend son cours dans cette rue où le temps s’est arrêté durant ces quelques minutes où Sarah Merteuil s’est nourrie de cette attention qui lui est vitale.


Tom quant à lui vit cette situation différemment de Sarah. Plutôt que de souffrir des absences répétées de ses parents, il préfère y voir une opportunité de liberté et d’indépendance. Et tandis que Sarah cherche par tous les moyens à combler ce manque d’amour et de considération, Tom s’en accommode et n’en retire que les avantages. Dans le fond, de quoi se plaindrait-il ? Des filles qui défilent dans son lit au rythme des soirées qu'il enchaine ? Du milieu aisé dans lequel il gravite ? Ou encore de la fortune de ses parents qui lui permet de céder à la moindre de ses envies?


Ils se séparent quelques mètres plus loin et s'enlacent avant de se dire à demain. Elle dépose un baiser énergique sur la joue de son meilleur et traverse la route pour continuer à pieds le trajet jusqu’à son domicile, encouragée par le soleil de cette fin d’après-midi.


Il l’observe enfoncer ses écouteurs dans ses oreilles pour barricader ses pensées du monde extérieur. Après lui, la musique est sa meilleure alliée pour affronter son quotidien désarticulé. Son regard protecteur la suit jusqu’à ce qu’elle disparaisse au coin de la rue suivante. Un léger rire s’échappe d’entre ses lèvres quand il l’aperçoit traverser la foule la tête haute et jeter un regard hautain à une adolescente qui a manqué de la bousculer. Ce rôle te colle à la peau, ma Sarah.


Une fois chez elle, elle regagne à la hâte sa chambre sans se préoccuper de l’éventuelle présence de ses parents. Elle n'entend pas directement les vibrations de son portable qu'elle a jeté, comme le reste de ses affaires, sur son immense lit double. Elle est trop occupée à télécharger sa nouvelle série de photos sur son MacBook Pro dernier cri. A chaque mois son dossier, elle observe patiemment les dizaines de photos prises plus tôt dans la journée apparaître sur l’écran et s'additionner à celles des semaines précédentes. Le visage de son meilleur ami apparaît bientôt sous tous les angles possibles, et elle s’émerveille une fois de plus de ses traits photogéniques. Elle les admire quelques secondes avant de quitter son bureau pour le rebord de sa fenêtre. Paris s'étend devant elle, le jour se couche au même rythme que la nuit recouvre le ciel de son manteau noir. Un long soupire s'échappe d'entre ses lèvres, ce spectacle lui rappelle qu'elle n'a absolument rien de prévu ce samedi soir. Elle entend les talons de sa mère frapper contre le carrelage du hall d’entrée. Le bruit sec d’une porte qu’on claque sans un mot ne tarde pas à résonner et lui confirme qu’elle est désormais seule. Son visage reste de marbre, à l'intérieur son cœur se serre.

- Bonne soirée maman.

Ce n'est qu’une heure plus tard qu'elle aperçoit son iPhone et le nom qui s’affiche sur l’écran. D’abord perplexe, l’adrénaline ne tarde pas se répandre dans son corps et à susciter sa curiosité. Elle hésite encore un peu, mais se laisse guider par son orgueil. Après tout, pourquoi pas, se dit-elle. 


Elle voit sa vie comme un immense plateau de jeu. Chaque coup est joué habilement, chaque  joueur adverse sélectionné avec soin. Elle manipule les pions à sa guise, et avance à coups de bluff et d'audace. Stratège, elle dicte les règles à tous ceux qui la côtoient et s’assure que tout joue toujours en sa faveur.


Un nouveau message, de Tom cette fois-ci. 


« Film-pizza? Chez moi? »


Elle hésite. L’écho d’une porte qui claque se rappelle rapidement à elle, et la solitude infinie que ça réveille en elle lui prend aux tripes. Son choix est fait. Elle pianote une réponse sur son écran et appuie sur la touche envoyer, exhaltée par la tournure que prend sa soirée.


Ce soir, une règle vient de changer. Elle est prête, la partie peut commencer.


« You call me on the telephone, you feel so far away

You tell me to come over, there’s some games you want to play »


Play Date - Mélanie Martinez




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Deuxième chapitre tout en simplicité qui explore davantage la relation d'amitié qui lie Tom et Sarah.

Il a également pour but de vous en apprendre plus sur le contexte familial de Sarah, et les raisons de ses comportements extravagants.

J'ai passé une dizaine d'heures à remanier le texte pour m'approcher d'une version qui me satisfait (presque).

Si tu es l'une ces précieuses personnes à qui j'ai réellement partagé le lien de cette histoire jusqu'ici tenu secret, merci d'être arrivé jusqu'ici.

Bon dimanche,


C.



Image: Pinterest.

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